L’étoile filante

La douceur des souvenirs, c’est à ça que je m’accrocherai quand la tristesse de vous avoir perdu étreindra mon petit cœur. Quand les digues céderont sous le poids de la tristesse, je fermerai les yeux en vous imaginant lorgner sur le buffet, l’assiette vide tendue vers moi.

Jamais prêts

Le temps est impitoyable et la grande Faucheuse encore plus. On a beau essayé de se préparer, de voir les années défiler, on n’est jamais prêt à perdre ceux qu’on aime. On espère pouvoir gratter encore quelques mois, quelques années et retarder l’échéance vers laquelle on court tous. Difficile de lutter contre ce vide auquel il faut désormais s’habituer, cette absence que les souvenirs viennent combler. Et si pour une fois, elle pouvait nous oublier, hein ?

A notre étoile

Ce soir, le ciel brillera un peu plus fort. La nuit va se draper de noir et éclipser les nuages. Les constellations vont s’aligner pour accueillir une nouvelle étoile, une de celles qu’on n’oublie pas, une de celles qui scintille avec le cœur, une de celles qui veille avec amour. La paix caresse maintenant ses pas et je vous sais entre de bonnes mains. Ginette, j’espère que des premières loges, là-haut, vous êtes confortablement assise, un bon repas sur le feu, vos hommes près de vous. C’est ainsi que je vous imagine, c’est ainsi que je me souviendrai de vous. Sachez que d’en-bas, vous continuez de vivre à travers chacun de ceux que vous aimez : vos enfants, vos petits-enfants, vos arrières-petits-enfants, et ceux qui, comme moi, ont eu la chance et l’honneur de croiser votre route.

Votre présence inonde ma mémoire : je souris en pensant aux 45 cm de boudin noir que vous aviez commandé à Nicolas (pour les inconscients, aucune erreur de votre part), à votre grand cœur et à votre générosité, mais aussi à votre caractère bien trempé et votre franc parlé, à cette vie ballottée par les tempêtes mais sublimée d’éclaircies, à votre passion pour la cuisine transmise à votre petit-fils, à votre amour pour cette belle famille que vous avez construit avec courage. Je me souhaite d’être aussi bien entourée et aimée que vous.

Ginette, je garde dans un petit coffre nos confidences au coin du buffet et le souvenir indélébile de la femme incroyable que vous étiez.

Avec toute mon affection et mon admiration,

Manon

 

 

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