Mettre des mots sur l’indicible

Assembler les mots pour former un puzzle d’émotions, de sentiments, c’est ce qui me plait le plus dans l’écriture. J’adore vous partager ces moments de joie et de bonheur qui accompagnent très souvent nos journées de voyage. Mais découvrir un pays, c’est aussi plonger dans son passé coloré de pourpre, c’est aussi poser un regard sur des horreurs commises par folie.

Le chaos après un éclair de lumière

Nagasaki. Je me souviendrais toute ma vie de ce que j’ai ressenti en entrant dans cette ville. En apparence, c’est une ville japonaise comme une autre. Difficile d’imaginer l’horreur qui hante ces lieux. La visite du musée sur la bombe atomique et les atrocités qu’elle a laissé dans son sillage m’ont bouleversée. Je me souviens des larmes qui ont coulé en lisant les témoignages de survivants, des frissons en voyant certains clichés, de la douleur ressentie en voyant tant d’horreur. Survivre à une telle épreuve, c’est connaître l’enfer.

11/9

Revenir sur les lieux d’un drame aussi récent, c’est revoir sous ses yeux, comme au ralenti, l’impossible devenir réalité. Personne n’y croyait, personne ne pensait un jour voir le cœur des Etats-Unis s’effondrer en un tas de cendres. Cet endroit dégage une force incroyable, je ne sais pas vraiment comment décrire ce que j’ai ressenti, mais c’était comme sentir encore toutes ces âmes flotter autour de moi. Beaucoup d’émotion, de frissons, de peine pour les victimes ce drame. Le temps semble s’être arrêté autour de ce bloc.

Un écho particulier

Musée des vestiges de guerre d’Ho Chi Minh ville. Je sens l’émotion me submerger en voyant ces clichés montrant la solidarité internationale autour de la guerre au Vietnam. Ces citoyens du monde dans la rue, brandissant des pancartes et criant leur révolte à la face du gouvernement états-unien. Ça m’a ému de voir qu’à cette époque un tel élan avait vu le jour. Je retiens mes larmes en voyant les conséquences de la folie d’une poignée d’hommes sur un pays tout entier. J’ai mal de voir autant de souffrance, autant de morts, autant de malheur. Sur ces visages, j’ai l’impression de voir les membres de ma famille. Pourquoi prôner la guerre quand on voit ce qu’elle sème sur son passage ?

Sur les sentiers de l’enfer

Pol Pot, Duch, Angkar. Le génocide mené par les Khmer rouge compte près de 3 millions de morts sur une population totale de 8 millions en seulement 3 ans et demi. En 1975, c’était hier. Quand on déploie autant d’effort pour briser la vie et l’éradiquer, que dire ? Les mots semblent inutiles. Aujourd’hui, on a remonté le temps pour voir jusqu’où l’homme était capable d’aller pour détruire, torturer, anéantir la vie. Ça fait froid dans le dos, ça me comprime la poitrine d’imaginer ce qui a pu se passer, ce qu’ont du endurer ces gens, ce qu’ils ont pensé avant de mourir, comment les survivants ont pu se reconstruire et chérir cette vie broyée.

Je ne ressors jamais indemne de ces immersions dans l’horreur. Mais c’est important à mes yeux de faire cet effort. Par devoir de mémoire, pour rendre hommage, pour comprendre le passé, pour tenter de mettre des mots sur l’indicible et surtout ne jamais oublier.

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