Parenthèse paradisiaque

Koh Rong Samloem. Vous le sentez l’exotisme délicieux qui résonne à vos oreilles ? Parce que nous, en plus de l’entendre, on l’a savouré pendant trois longues journées. Prêts à embarquer ?

Tout se mérite

Le sang bourdonne dans mes oreilles, je sens mon cœur prêt à exploser sous l’effort. Rien n’adoucit cette chaleur tropicale qui nous accable dans cette jungle infernale, ni la douce brise qui tente de nous rafraîchir, ni la beauté de cette nature luxuriante. Des larmes de fatigue, de lassitude et de colère m’oppriment la poitrine. En presque six ans de voyage à sillonner les contrées de ce monde, c’est la première fois que je craque. Pour ce qui vous semblerez être une broutille, un caprice, mais qui à ce moment-là me fait exploser de rage : Nicolas s’est chargé d’organiser tout le Cambodge comme moi la Mongolie ou le Vietnam. Sauf qu’il n’avait pas eu vent des 45 mins de trekking dans la jungle pour rejoindre le côté de l’île le plus isolé et le plus paradisiaque. Deux semaines qu’il me vend du rêve sur ce séjour en amoureux. Ma patience est à bout : depuis 5h du matin, on enchaîne avion, taxi, bateau navette. La montée avec 20 kg sur les épaules me met à genoux mais la descente m’achève. Des grosses pierres lisses où je prie à chaque pas pour ne pas finir avec la cheville tordue. C’est notre première grosse dispute depuis longtemps. Nicolas en prend clairement plein la gueule. Elle commençait bien cette escapade idyllique !

Sous le soleil

Les réconciliations se font dans une eau turquoise et transparente, avec en fond un magnifique coucher de soleil qui strie le ciel de rose. On éclate de rire en se repassant le film de notre dispute, on s’excuse, on se pardonne les mots qui blessent. La beauté de l’île efface tout et nous requinque de la meilleure des manières. Pendant trois jours, le soleil vient brunir notre peau, les fleurs du frangipanier tombent délicatement sur nos serviettes pendant que nous nous baignons, nos orteils caressent les grains de sable fin pendant que les petits crabes dansent autour de nous. Le bruit des vagues nous bercent toute la journée, comme un fond sonore délicat. L’absence de connexion wifi nous assure la paix et une vraie connexion avec la nature, nous-même, nous deux. Je crois qu’on a goûté à un bout de paradis l’espace d’un week-end. Et ça, ça vaut tout l’or du monde.

Comme un poisson dans l’eau

On adore l’eau depuis tout petit. On passe nos journées à se baigner, à plonger avec masque et tuba pour découvrir des poissons arc-en-ciel à deux mètres du rivage, à s’émerveiller de cette faune sous-marine magnifique et variée. L’eau nous accompagne tout le temps : dès le réveil, on enfile nos maillots de bain et on descend les escaliers qui nous mènent vers cette immensité bleu vert que l’on quitte seulement la nuit tombée. Je prends enfin le temps de faire quelque chose que j’adore : lire un bon bouquin allongée sur le sable chaud, avant une bonne sieste réparatrice, avec tous les soirs un feu d’artifices dans le ciel comme coucher de soleil. Des petits plaisirs simples mais qui font tellement de bien. On savoure chaque instant avec délectation, parce qu’ils sont précieux et que demain tout peut s’arrêter. Je suis heureuse d’en avoir bavée pour venir, je suis heureuse de partager ça avec Nicolas et je suis heureuse de réaliser ce rêve de gamine qui, même dans les coups de mou, me rappelle à quel point ce projet est beau.

Pendant trois jours, on a dormi avec des ginko gros comme une escalope, on a servi de buffet à volonté aux moustiques, on a mangé avec des singes tout mignon, on a dansé avec des crabes hyper énergiques, on a suivi en filature des poissons multicolores, on a apprécié comme jamais cette parenthèse hors du temps, loin de l’agitation des hommes et au plus près de la nature.

Please follow and like us:

2 réflexions au sujet de « Parenthèse paradisiaque »

  1. C’est dans des moments difficiles que vous repenserez et repasserez vos images et vos souvenirs là pour vous aider à avancer. Quel bonheur de partager votre aventure à travers de si beaux récits chérie.

Laisser un commentaire