Maman, j’ai raté l’avion…

Quand les constellations se lient contre toi et que la malchance y met du sien, tu peux être sûr de passer une mauvaise journée. Retour sur notre journée odyssée.

Des économies tu feras

Quinze jours pour visiter le centre et le sud du Vietnam, c’est le plan de route que j’ai en tête en débarquant ici samedi dernier. J’ai profité de notre temps libre au Japon pour organiser un road-trip détaillé avec activités, hôtels et vols intérieurs pour gagner du temps. Par souci d’économie, j’ai même pris des billets d’avion séparés avec 2h d’escale. On est laaaarge ! Je crois que je suis restée coincée avec la discipline japonaise et leur rigueur sur les horaires. Mais ma vieille, on est au Vietnam maintenant ! Ici, être en retard, c’est un mode de vie 😉

Patience tu apprendras

Nous voilà donc partis pour une journée marathon, à prendre taxi et bus local pour rejoindre le premier aéroport à Da Nang. Sans surprise, le vol est en retard d’une heure. Je frissonne. Ça va être chaud pour la correspondance, mais en bonne optimiste que je suis, je me rassure en me disant qu’on a quand même une heure pour embarquer dans l’autre avion. L’aéroport de Saigon est petit, ça va le faire. Sauf que…

Courir il te faudra

L’enfer commence ici. En plus du retard pour atterrir s’ajoute une attente exaspérante pour sortir de l’avion et prendre un bus qui mettra un temps interminable pour atteindre l’aéroport. Les minutes s’égrènent en même temps que le stresse augmente et que ma patience s’évapore. Je tape du pied, je m’énerve, je souffle, Nico sourit pour dédramatiser mais continue de fixer sa montre en grimaçant. Quoi qu’il arrive, on tente quand même le coup, sur un malentendu ça peut passer. Sauf que notre vol décolle à 19h et qu’il est 18h48. Mama mia, faites qu’il ait du retard lui aussi !

La victoire tu gagneras

La dame du check-in nous annonce que l’enregistrement ferme 40 minutes avant l’heure du décollage. En gros, c’est mort. Nico soupire et me regarde, dépité. « Bon, ben, on reste à Saigon ? » J’enrage, je suis à cran et insiste auprès de la femme. Deux minutes après, elle nous tend nos cartes d’embarquement avec une seule consigne : COU-RIR ! Ni une ni deux, nous voilà à courir comme des fous dans l’aéroport, monter les escaliers deux par deux pour moi et trois par trois pour Nico et passer en force les contrôles de sécurité. Je me heurte au regard froid d’un policier qui refuse de nous laisser passer. Je hausse le ton, il reçoit un appel et nous laisse finalement passer. Je ne me suis jamais déshabillée et déchaussée aussi rapidement qu’à cet instant. Je crie, je sue, j’halète, tout est flou. Un seul impératif : monter dans ce putain d’avion ! Pas le temps de se rhabiller.

La honte tu auras

Visualisez la scène la plus comique de cette journée : nous, en sueur, les cheveux collés au front, pieds nus, chargés comme des bœufs, moi en train de retenir mon short d’une main qui laisse entrevoir ma belle culotte et de l’autre mon ordi et mon passeport, Nico qui court derrière avec son sac à la main. On passe à deux secondes de la fermeture des portes. On court, on descend les escalators et là honte historique, on monte à bord du bus qui nous amène à l’avion. Tous les yeux se braquent sur ces deux va-nus-pieds transpirant à grosses gouttes qui halètent bruyamment. On entend des rires étouffés et on croise des regards surpris. Une grande première pour nous : on se rhabillera au pied de l’avion, avant d’y monter, enfin.

Cette journée épique s’achève par un énorme fou rire, une fois à bord de l’avion. On n’y croyait plus, mais il y a toujours une bonne étoile au-dessus de nos têtes. Morale de l’histoire, la prochaine fois, je prendrai au moins 3h d’escale lol

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Une réflexion au sujet de « Maman, j’ai raté l’avion… »

  1. Quelle aventure!Vous avez quand même une sacré pugnacité et de la chance….
    Je me suis marrée.
    Bisous.😚

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