Japon : L’histoire des trois petits cailloux

Un proverbe japonais dit : « Si tu es pressé, fais un détour. » C’est justement ce que j’ai fait et ce qui m’a conduit à une bien belle découverte.

Le petit Poucet sous la pluie

Osaka. Dévergondée, loufoque, énergique, cette ville a tout pour plaire. Nos pas nous mènent au sanctuaire shinto de Sumiyoshi Taisha, l’un des plus anciens du Japon. Une pluie fine accompagne nos pas qui crissent sous le gravier. Un pont arqué nous accueille fièrement, avec son rouge éclatant qui contraste joliment avec le ciel laiteux. Une onde de paix fond sur nous, douce et apaisante. Sans se concerter, chacun part découvrir le sanctuaire à sa manière. Je m’enferme dans ma bulle et me promène sans but. Et c’est là que…

CRRRUNCH, CRRRUNCH, CRRRUNCH

En voulant couper par une allée, j’entends des bruits étranges. Comme du gravier qu’on retournerait en toute hâte. Intriguée, je m’approche et assiste à un spectacle insolite : trois Japonais accroupis autour d’un jardin farfouillent dans le gravier comme à la brocante du quartier. Je souris et étouffe un rire. C’est Pâques ou quoi ? Je les regarde pendant bien dix minutes, amusée, curieuse et surtout pensive. Quel est le but de cet acharnement ? C’est peut-être un loto made in Osaka ?

Les pochons du bonheur

Je demande finalement à une dame si elle peut m’expliquer ce qu’ils font. Dans un anglais hésitant, elle tente d’éclairer ma petite lanterne. La tradition veut que chacun trouve dans ce jardin, trois cailloux portant chacun une inscription dessus : chance, fortune et santé. Une fois trouvés, il faut ensuite acheter un petit pochon et l’accrocher autour de la barrière du jardin afin que les vœux se réalisent. Selon la légende, ces trois cailloux nous combleraient sur 5 aspects de notre vie : la santé, le travail, le bonheur, la famille et l’argent. Rien que ça !

Faites un vœu

C’était la première fois que je voyais ça depuis que je voyage en Asie et la démarche me plaît de suite. J’aime l’idée de chercher, fouiller, remuer, d’exercer sa patience et gérer sa frustration (heureusement que le jardin ne faisait pas le Stade de France hein !). J’aime aussi l’idée de ne pas verbaliser son vœu, de ne pas avoir à prier ou méditer. Finalement, la quête de ces trois petits cailloux suffit à formuler notre vœu d’atteindre le bonheur, peu importe la langue que nous parlons ou le pays d’où l’on vient 🙂

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