Vis ma vie de moine

C’était une expérience à vivre au moins une fois dans sa vie et c’est chose faite 🙂 Et même qu’on retente l’aventure samedi prochain. Retour sur une immersion inédite !

Templestay : Que sa quo ?

Le templestay, c’est l’activité incontournable en Corée du Sud : pour une journée ou plusieurs jours, vous avez l’occasion de vivre avec des moines et suivre leur programme initiatique dans une centaine de temples disséminés dans le pays. Il suffit de s’inscrire sur le site et de choisir un temple selon son programme et ses disponibilités. Vous avez le free program qui vous laisse libre de faire ce que vous voulez et celui « guidé » qui permet de faire un maximum de chose. Le séjour est dans tous les cas payant et comprend les trois repas, les activités et le logement. Les hommes et les femmes dorment souvent séparément et dans des chambres partagées.

J’ai mal lu la brochure

C’est ce que je me suis dit en arrivant en sueur devant le temple de Golgulsa. Je frémis d’angoisse en parcourant le programme : lever à 5h, prière, méditation, chant, entraînement de sunmudo, 108 prosternations, dîner à 17h, coucher à 21h… Même en maison de retraite, c’est plus l’éclate ! Pitié, ne me privez pas de ma nuit de 12h s’il vous plaît.

Je retiens mes larmes et enfile avec toute la dignité qu’il me reste la tenue des apprentis. Karl Lagerfeld aurait pleurer du sang en nous voyant. Dégaine de déménageur, baggy de rappeur, bref on est au sommet de notre sex appeal ! Bien sûr, le coton pèse un âne mort et colle bien au corps, au cas où on aurait froid par cette canicule lol Une épreuve de plus lancée par Bouddha, et ben, je relève le défi mon cher !

Violence tu te feras

Le réveil sonne. Je l’éteins violemment et grogne. Je songe pendant deux secondes à me recoucher sur ce futon à même le sol, tant pis pour les prières, Bouddha ne m’en voudra pas. Mouais, mais je suis venue ici pour jouer le jeu, sinon ça sert à rien. Nouveau grognement. Les yeux collés, les cheveux en bataille, la trace de l’oreiller balafrant ma joue, je m’habille avec la lenteur d’un escargot et marche comme un zombie jusqu’au temple-falaise. J’aurai fait des merveilles dans The Walking Dead. Pas besoin de maquillage en plus. Ah oui, je ne l’ai pas dit mais le fameux temple-falaise se trouve à 10 mins de ma chambre, le tout en montée. Je vous laisse visualiser la scène : moi, avec ma gueule, dans le noir, en train de ramper, avec un point de côté. J’arrive en sueur, le souffle court et regarde de travers les escaliers interminables devant moi. Y aurait pas un escalator caché derrière ces rochers par hasard ? Non ? Bon, ben allons-y. Et tout d’un coup, je sursaute. Une voix grave résonne dans toute la forêt. Papa ? Et c’est là que je comprends que tous les matins, à 5h, un moine chante des prières dans un haut parleur ! Je suis prise d’un énorme fou rire, je crois qu’entre mon réveil et la litanie des moines, j’ai choisi mon camp haha. La récompense de tous ces efforts se trouve au sommet du temple, avec un lever de soleil splendide et une vue magique sur tous les environs.

Adieu mon corps, mes poumons et mes muscles

Tout est dans le titre. Mon corps s’est purifié dans tous les sens du terme. J’ai découvert des muscles insoupçonnés, une souplesse que j’étais sûre d’avoir abandonné à mes 3 ans et un mental plus solide que je ne le pensais.

Le sunmudo… bien plus qu’un art martial. C’est être à la fois un danseur et un cascadeur. Tu remets en question les lois de la gravité. Après 1h30 à courir, sauter, donner des coups de pieds en l’air, tenir en équilibre, s’étirer dans tous les sens, mon corps réclame un remplaçant. Mais que nenni ma chère, le meilleur est à venir.

108, c’est le nombre de prosternations qu’il faut faire tous les matins devant Bouddha. Pas 2, pas 10 voire 50, NON, 108 ! Au début, je me suis dit que ça devait pas être si dur. Mais c’était sans compter le rythme donné par un mini moine de 6 ans hyperactif. Ça m’a paru durer une éternité, au point que je me suis vraiment demandée si on n’était pas à 520 prosternations. J’ai les guibolles qui flanchent et mon mental qui est prêt à défaillir à tout instant. La cloche retentit et délivre mon corps d’une souffrance sans nom. Je suis redescendue du temple en tremblant comme une feuille et en hésitant à finir mes jours la-haut.

Méditer…rannée ?

Cela demande de la discipline, de la patience et du lâcher prise. Trois choses qui me demandent un effort surhumain. L’approche est intéressante, apaisante sur bien des plans mais je pense qu’elle nécessite une grande réceptivité pour être pleinement profitable, chose qui me manque de toute évidence. Rester assise en lotus pendant 30 mins à ne penser à rien, hein, entre nous, c’est pas le premier truc que je fais en me levant. Mais c’est à tenter et à renouveler 🙂

Le retour à l’essentiel

Cette parenthèse loin de la frénésie de la ville a été magique. Je ne parle pas seulement du cadre en pleine nature et de la proximité avec des moines exceptionnels, je parle aussi de l’effort d’introspection, de cette énergie apaisante qui nous imprègne et qui nous suit même après ce séjour. Les sens se reconnectent au corps et à l’esprit dans un tout harmonieux. Je recommande sans hésiter ce voyage initiatique !

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Une réflexion au sujet de « Vis ma vie de moine »

  1. Quelle belle expérience. J’imagine que malgré les douleurs le bien être,était également présent.
    Toujours un grand plaisir de te lire.
    Gros bisous les jeunes.
    Nono

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