Portraits du Monde : Bata

Il y a des rencontres qui passent et d’autres qui restent gravées. Retour sur le portrait d’un homme hors du commun. A commencer par son prénom !

Bata, comme le magasin de chaussures ?

Ceux qui me connaissent savent que ma spontanéité me joue parfois des tours. Le canal qui est censé jouer le rôle de filtre entre mon cerveau et ma bouche s’est fait la malle à ma naissance, réduisant à néant mes chances d’être crédible. Boulet un jour, boulet toujours. Je m’attendais à voir le fameux Bata froncer les sourcils face à ma boulette, mais il me répond en me souriant timidement et en serrant mes petites mains d’enfant dans ses grandes paluches chaudes et calleuses. Et voilà comment Bata devint une de mes plus belles rencontres en Mongolie.

La pudeur au pays des hommes

C’est sans nul doute ce qui me touche le plus chez les hommes que j’ai rencontré en Mongolie, ce mélange de pudeur et de discrétion qui les rend si fascinant. Je le revois encore, après nous avoir offert l’hospitalité chez lui, embrasser tendrement sa fille sur le front et la regarder comme un papa sait si bien le faire. Il y avait un océan d’amour dans son regard et ça, ça ne s’oublie pas.

Bata parle peu, mais il est curieux de nous connaître et de partager sa culture. Il aime nous apprendre des mots mongols, et nous les répéter jusqu’à ce que la prononciation soit impeccable. Je revois encore ses « OK » de validation et ses timides sourires d’encouragement.

Des détails inoubliables

J’adore les deux petites fentes qui lui servent de yeux, sa grande fossette sur la joue droite qui s’étire quand il rit de sa voix grave. Je me souviens même de son T-shirt bleu Ferrari qu’il portait si fièrement en bombant le torse. Mon dos se souviendra à jamais de sa conduite si peu sportive et de sa boussole imprimée dans la tête. On avait ce rituel tous les matins, ces gestes auxquels on s’habitue et qui manquent quand ils ne sont plus là. Il y avait aussi ce chewing-gum qu’il avait l’habitude de coller dans le lobe de son oreille (j’ai encore mal aux côtes tellement j’ai ri), cette crème au lait de yack qu’il adorait mettre partout, son 4×4 qu’il bichonnait comme une femme, ses fausses bonnes idées que j’ai rebaptisé « les bons plans de Bata » et tellement d’autres choses encore…

Pour qu’une relation dure, il faut beaucoup de respect et encore plus d’amour…

Bata, Désert de Gobi, juillet 2018

Mon cher Bata, j’espère te rendre hommage en couchant sur le papier tout le respect et l’admiration que j’ai pour l’homme que tu es. J’ose croire que la vie et le hasard combineront leur talent pour qu’un jour, nos chemins se croisent de nouveau. Nous nous sommes rencontrés comme deux étrangers et quitter comme deux amis…

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3 réflexions au sujet de « Portraits du Monde : Bata »

    1. Merci Josette 😁 Ça me fait toujours plaisir d’avoir vos retours. Le petit Nicolas vous embrasse et moi aussi 😘

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