Ma vie de galérienne à Saint-Pétersbourg

Chkoumoune, galère et autres joyeusetés

C’était trop beau hein ? Il manquait cette petite touche de malchance pour pimenter ce début d’aventure solo. C’est l’histoire d’une nana qui prend un vol Paris-Prague-Saint-Pétersbourg. Son avion est plein à craquer et ironie du sort, elle est la SEULE à ne pas retrouver son boudin de 10 kg sur le tapis des bagages. Hasard ? Kharma ? Poupée Vaudou ? Sur ce coup, mon galèromètre a atteint des records et je pense même qu’on a chié sur ma bonne étoile et que depuis elle peine à retrouver tout son éclat…

C’est parti pour un marathon administratif et une mini crise de nerf quand ces belles poupées russes me font comprendre qu’elles ne parlent pas anglais… Ah, vous voulez que je vous décrive mon sac ? Sa couleur ? Sa matière ? Muni d’un stylo et de mon corps de rêve, je mime, je dessine, je souffle, bref je piétine mon ego dans tous les sens en espérant me faire comprendre. Après une montagne de « putain » et quelques « y a qu’à moi que ça arrive », j’obtiens enfin un papier sur l’état du désastre. Bon, ce tour du monde commence mal mais on reste POSITIF. Pff, si tu savais ce qui t’attend ma fille…

Les 12 travaux d’Hercule

C’est à peu de choses près ce qu’il a fallu faire pour retrouver mon sac. J’ai passé 4 jours avec les mêmes vêtements à savonner mon linge tous les soirs. J’ai enragé de devoir racheter une trousse de toilettes et de voir tous ces mois de préparation voler en éclat. J’avais beau tout prévoir, ce petit grain de sable a semé la pagaille. Le point positif, c’est que tu deviens hyper minimaliste et que tu apprends à relativiser sur tout ce confort matérialiste. Comme un pote m’a dit : « Ton tour du monde se trouve dans ton passeport et ta carte bleue ».

Au crépuscule du troisième jour, l’aéroport m’a appelé pour me dire que mon sac prenait un vol depuis Prague et qu’il serait disponible le lendemain midi. Un chauffeur viendrait me le déposer directement à mon hôtel. Ouf. Sauf qu’il n’est jamais arrivé. Le lendemain, je harcèle le service de l’aéroport et on me dit gentiment qu’il est toujours à Prague. Excédée, j’irai moi-même à l’aéroport à 2h du matin pour dénouer cette histoire rocambolesque. J’ai tenu 5h debout, devant le comptoir, à expliquer, répéter, reformuler, patienter. « Notre chauffeur a déposé votre sac », « Impossible, mon hôtel n’a rien reçu », « Notre chauffeur dort maintenant, il ne répond plus au téléphone, mais on peut vous renvoyer votre sac dans un autre aéroport à vos frais ». La patience n’est pas ce qui me caractérise et j’ai tout simplement explosé : de colère, de frustration, de désespoir. Les larmes coulent, une colère noire monte face à autant d’incompétence et l’armure de l’éternelle optimiste se fissure.

Avec détermination tu vaincras

Ne jamais lâcher le morceau, c’est ce qui m’a sauvée. Le dénouement de cette odyssée est simple : le chauffeur était bourré, s’est trompé d’hôtel sans se rappeler de l’adresse. Maintenant, démerde-toi pour le retrouver. Il est 8h du matin quand j’erre en larmes à Saint-Pétersbourg, dans le quartier où est supposé se trouver mon sac. Je frappe à toutes les portes d’hôtels en expliquant la situation. Quelques minutes plus tard, je me rends compte que cet idiot l’a laissé dans mon premier hôtel. Ça tambourine fort dans mon cœur et je fonds littéralement de soulagement quand je retrouve mon sac, intact et avec tout dedans ! C’est tellement irréel que je n’y crois pas !

Avec du recul, j’en rigole volontiers, ça reste sans nul doute la plus grosse galère de ce voyage et la plus belle anecdote à vous raconter à mon retour !

 

 

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4 réflexions au sujet de « Ma vie de galérienne à Saint-Pétersbourg »

  1. Ta plume reste toujours aussi agréable à lire.
    Ce début de voyage fut rude et tu as eu du cran de la persévérance.
    Bravo ma grande.
    Hâte de lire la suite.
    Gros bisous et continue de nous régaler de tes récits.

    1. Merci ma Nono ! La ténacité, c’est de famille hihi
      Merci tout plein pour votre soutien, ça me fait chaud au coeur. Bisous d’amour

  2. On se régale de te lire chérie comme un livre de Virginie que l’on envie de découvrir au fil des lignes. J’ai l’impression de vivre cette mésaventure au dessus de toi….ton courage est ta force…et ton étoile ne te quitte pas mais te fait comprendre l’importance des éléments dans ton tour du monde. Bravo pour ta persévérance ma fille et continues à écrire ainsi, car je suis ta première fan. Énormes bisous

    1. Oh la la maman, tu vas me faire pleurer ! Merci pour ces beaux compliments, ça me fait zizir. Heureusement que le sang c’est pas de l’eau haha Enormes câlins !

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